Le Vieux-Tours est classé en secteur sauvegardé, et cela pèse sur tout ce qui touche à une porte donnant sur la rue. Autour de Plumereau, de la rue du Grand-Marché et de la rue Briçonnet, les façades à pans de bois et les encadrements en tuffeau relèvent d’un avis de l’architecte des Bâtiments de France dès que l’aspect extérieur change. Une réparation à l’identique passe sans difficulté ; un bloc-porte contemporain visible depuis la voie publique, beaucoup moins.
Le tuffeau, ensuite, décide de ce qui tient. Cette pierre calcaire du Val de Loire se taille magnifiquement et se perce sans effort, ce qui en fait un support d’ancrage capricieux : un scellement calculé pour du béton éclate la pierre au lieu de s’y fixer. L’humidité qui remonte des deux rivières et les gels de l’hiver finissent le travail sur les joints et sur les bas de vantaux.
Tours est aussi une ville que deux cours d’eau coupent en trois. Saint-Symphorien est de l’autre côté de la Loire et ne se rejoint que par un pont ; les Rives du Cher, Rochepinard et les Deux-Lions sont au sud du Cher, avec la même contrainte. À vol d’oiseau les distances sont courtes, mais un franchissement encombré ajoute davantage au délai qu’un trajet deux fois plus long en ville.
Enfin, la population change tous les ans. L’université, les écoles et les campus de Grandmont et des Deux-Lions font de Velpeau, du centre et du sud de la ville des quartiers de baux d’un an et de colocations. Les trousseaux circulent, les doubles se font en boutique sans laisser de trace, et personne ne sait plus, au bout de trois locataires, combien de clés ouvrent la porte.