Le centre de Montpellier n’a pas été percé par Haussmann. L’Écusson a gardé son plan médiéval : des ruelles d’un ou deux mètres de large, un tracé en boucles, des impasses, et une zone piétonne qui court de la place de la Comédie à la place Saint-Ravy. Concrètement, un véhicule d’intervention ne va pas plus loin que le boulevard qui ceinture le quartier ; le technicien finit à pied avec sa caisse, parfois cinq à huit minutes de marche. Quand nous annonçons un créneau sur l’Écusson, ces minutes-là sont comptées dedans, ce qui vaut mieux qu’un délai flatteur que personne ne tient.
Ce même centre est un secteur patrimonial protégé, constellé d’hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles — rue du Cannau, rue de l’Aiguillerie, rue Embouque-d’Or. Sur ces immeubles, la porte cochère, ses ferrures, ses clous et parfois sa serrure d’origine font partie de l’immeuble protégé : on ne pose pas un bloc-porte moderne en façade sans passer par l’architecte des Bâtiments de France. La bonne réponse y est presque toujours le renfort discret — serrure appliquée à l’intérieur, cylindre haute sécurité dans le canon existant — plutôt que le remplacement visible.
Le sous-sol joue aussi. Une grande partie de l’agglomération repose sur des argiles et des marnes sensibles au retrait-gonflement : elles se rétractent pendant les étés secs, gonflent quand les pluies reviennent, et le bâti suit. Les maisons de faubourg des Aubes, de Boutonnet ou de la Chamberte, souvent sans fondations profondes, encaissent ces mouvements par des fissures fines et des huisseries qui perdent l’équerre. Une porte qui frotte en fin d’été n’a donc pas forcément une serrure fatiguée : elle a un dormant qui a bougé de trois millimètres.
Enfin, Montpellier vit son air marin. La mer est à onze kilomètres, et le vent marin remonte régulièrement de Palavas et de Pérols vers Lattes, Port Marianne, Grammont et Odysseum, chargé de sel. Sur ces quartiers sud, les cylindres exposés — portails, portillons, boîtes aux lettres, portes de garage donnant sur l’extérieur — se grippent nettement plus vite que dans le nord de la ville. Un barillet qui devient dur en trois ans à Pérols peut en tenir dix à Aiguelongue, et cela change ce qu’on recommande d’installer.